Catégorie: Conseils de jeu

Créez vos monstres! – Comment donner du mordant à des monstres sans crocs? (Partie 5)

Cette première 1 règle, 1 page est une traduction et une adaptation d'un article paru dans le magazine Slay!, dédié à Dungeonslayers et d'une billet du forum dont les informations sont cruciales pour la création de monstres «maison» dans une partie de Dungeonslayers. Pourquoi? Parce que tous les monstres de Dungeonslayers voient leur puissance mesurée par des formules concoctées par l'auteur du jeu, Christian Kennig.   (PDF, 1,1 Mo)

Cette première 1 règle, 1 page est une  adaptation d’un article paru dans le magazine Slay!, dédié à Dungeonslayers et d’un billet du forum sur la création de monstres «maison».

Trouver une fiche de caractéristiques, dans les règles de Dungeonslayers, qui correspond le mieux au monstre que l’on s’imagine ne suffit pas toujours. Il faudrait parfois en mélanger deux, voire trois. Parfois, il faut se mettre à jouer les Dr Frankenstein et les fabriquer de toutes pièces…

Après avoir expliqué comment utiliser les monstres en groupe, leur durcir la couenne en en faisant des adversaires héroïques ou encore en les faisant passer pour ce qu’ils ne sont pas, il est temps de voir comment jouer les alchimistes et de créer vos propres monstres tout en conservant l’équilibre propre à Dungeonslayers.

Je vous avais concocté un joli billet à ce sujet quand, pris d’une fièvre exploratrice, je suis allé visiter le côté germanophone de Dungeonslayers, j’y ai découvert un joli petit magazine qui s’appelle Slay! 

Le magazine Slay! est l'oeuvre de quelques fanatiques de Dungeonslayers. Avis aux germanophiles!

Le magazine Slay! est l’œuvre de quelques fanatiques de Dungeonslayers. Avis aux germanophiles!

Dedans, on y détaille ce qu’un certain Dargndorp avait déjà dévoilé dans un billet du forum de Dungeonslayers en anglais. Dargndorp est dans le secret des dieux: c’est à lui et quelques autres fanatiques que l’on doit la traduction anglaise du jeu.

Grosso modo, le  papier de Slay! expose et explique les formules qui sous-tendent les valeurs des monstres, notamment la valeur d’expérience et du Facteur de menace, de bons indices de la puissance des adversaires.

J’ai donc mis quelques Kobolds à l’ouvrage et on en a maintenant une version française, traduite de l’allemand.

Les formules de Dungeonslayers de Christian Kennig (PDF, 1,1 Mo)

Dans un prochain billet, je montrerai comment, avec quelques inspirations du Bestiaire, on peut donner corps à un Dracolisque, ce monstre mignon fruit de l’union étrange et mystique d’un Basilique et d’un Dragon et en tirer un valeur de XP et de FM.

D’ici là, essayez-y vous, vous aussi (c’est français, ça?) et peut-être qu’on se retrouvera avec un bestiaire maison, non?

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Des adversaires avec des niveaux, des talents et des sorts: les PNJs hostiles – Comment donner du mordant à des monstres sans crocs (partie 4)

Une image du fichier sur les PNJs génériques de niveau 1 à 20.

Une image du fichier sur les PNJs génériques de niveau 1 à 20. Vous pouvez le télécharger en cliquant sur l’image.

Quatrième épisode dans la série Comment donner du mordant à des monstres qui n’ont pas de crocs à Dungeonslayers, on aborde aujourd’hui la solution qui consiste à faire des PNJs des adversaires du groupe.

Mais avant, une petite mise en garde s’impose.

Archelaian, la mémoire de Dungeonslayers, me racontait il y a quelques mois ses premières aventures donjonnesques et surtout sa première rencontre avec une elfe, je crois. Il s’approche d’elle pour lui parler (non, je ne spéculerai pas sur ses intentions et cessez tout de suite ces supputations malveillantes). Le MJ, débutant lui aussi, lui dit: «Elle t’attaque!» «Mais… Pourquoi?, dit Archelain, tout déboussolé. Le MJ lui répond: «Parce que c’est un PNJ!»

Roleplayez*, que diable!

Retenons-en que les PNJs (monstres ou personnages) ne sont pas que de la chair à pâté et qu’un bon MJ sait faire vivre des aventures autrement que sur le fil de l’épée en les dotant d’une personnalité propre, d’intentions et de buts personnels. Quant aux joueurs, j’espère qu’ils savent aussi venir à bout des difficultés d’une aventure autrement qu’en éclatant leurs adversaires à coups de hache des Nains +2, avec Coup brutal III et Attaque dévastatrice I.

Mais bon, on est à Dungeonslayers, faut pas rêver…

… des PNJs à mouliner, il y en aura à la tonne

Pour les créer, il suffit de faire comme pour les personnages. On distribue les points pour les Traits et les Attributs, on choisit des talents et si le PNJ est un Mage, alors on choisit des sorts. Et comme on veut des PNJs à la hauteur, on leur fait prendre du grade, plus ou moins selon qu’on veut en faire de grands méchants ou de la piétaille destinée à venir se lancer, à corps perdu, sur les armes de nos valeureux explorateurs de donjon (ne poussez pas derrière!).

Pour me faire une idée de la puissance des PNJs selon leur niveau, j’avais mis au point un tableur qui permet de se faire une idée de la progression des personnages du niveau 1 à 20.

Des PNJs de toutes les classes de niveau 1 à 20 (PDF, 38 Ko)

Les développements sont assez stéréotypés, les personnages se concentrant uniquement sur les Traits et Attributs de leur classe, sauf pour les Mages qui développent un tout petit peu la Dextérité, histoire de lancer des sorts ciblés pas trop maladroitement.

Un PNJ, ça peut rapporter combien?

La grande question que se pose tout joueur à l’esprit un peu comptable: combien ça rapporte de XP un PNJ? Bonne question.

Pour ça, il est possible d’utiliser la grille dévoilée sur les forums anglophones de Dungeonslayers. Je vous en livrerai une copie au propre un de ces quatre (dans le courant de la semaine prochaine). Elle n’est pas parfaite et pose quelques petits nœuds délicats à dénouer. Je vous dirai…

D’ici là, est-ce que vous utilisez des PNJs comme adversaires dans vos parties? Y a-t-il des fiches de personnages que vous aimeriez partager?

[* Les esprits chagrins se plaindront du délitement de la langue française. Les origines du jeu de rôle étant anglo-saxonnes, nombre de mots, d’expressions et d’acronymes sont passés clandestinement dans le jargon des rôlistes. Sur le même modèle, peut-être alors aurais-je dû écrire Rôlez, que diable!]

Faire passer un monstre pour un autre – Comment donner du mordant à ces monstres sans crocs? (partie 3)

Est-ce que la fiche de l'Homme-Lézard pourrait correspondre à l'idée que vous vous faites de la sentinelle Gnoll que vos PJs embusquent? Faire passer un monstre pour un autre est un gain de temps inestimable pour un MJ en pleine impro.

Est-ce que la fiche de l’Homme-Lézard pourrait correspondre à l’idée la sentinelle Gnoll que vos PJs embusquent? Faire passer un monstre pour un autre est un gain de temps inestimable pour un MJ en pleine improvisation.

Après avoir signalé comment utiliser des monstres en groupe, puis en modifiant leurs caractéristiques, on aborde une tactique pêchée dans le répertoire des ruses connues, voire éculées, dont les MJ usent et abusent depuis des lustres: faire passer un monstre pour un autre.

Attention! Un monstre peut en cacher un autre

Par exemple, au cours de ma dernière campagne, un shaman gobelin (aujourd’hui défunt) avait mis au point une terrible potion. Cette mixture infecte et bouillonnante avait d’abord pour effet de faire muter ceux qui l’ingurgitent pour les transformer en géants difformes. Elle les rendait aussi très vulnérables au sort Domination, qui devenait ainsi permanent… Le shaman avait donc pu se doter d’une garde rapprochée d’une puissance de frappe formidable. Dans l’histoire, la potion devenait un objet de convoitise et expliquait la présence des Übergobelins…

Pour illustrer ces fameux gobelinoïdes stéroïdés, j’ai simplement utilisé une vieille ruse: j’ai fait passer la fiche d’un monstre pour un autre en leur prêtant les caractéristiques du Minotaure, avec ses capacités de Charge et d’Ecrasement.

Le plus simple est donc d’imaginer un monstre et de parcourir le bestiaire en se demandant quelles caractéristiques lui ressemblent le plus. Lui ressemble-t-il par la Taille? Par les Traits et les Attributs (plus Corps ou plus Esprit)? Par les Habiletés spéciales?

Les limites de la ressemblance

L’exercice a ses limites. Si vos joueurs se disent: «Quoi? Un gobelin qui crache du feu et qui nous projette à quelques mètres avec un appendice barbelé? Avec tout le respect qu’on te doit, ô Maître, mais tu déconnes complètement!», vous pouvez vous cacher derrière votre canette pour sourire, mais vous avez dépassé le seuil de la cohérence…

Voilà, si vous avez des astuces pour donner un coup de pouce à vos monstres pour leur donner un peu plus de piquant, partagez-les!

Des adversaires héroïques et épiques à Dungeonslayers – Comment donner du mordant à ces monstres sans crocs? (Partie 2)

Cockatrice

La cockatrice peut pétrifier ses adversaires, à Dungeonslayers. Mais que le Maître de jeu en fasse un adversaire «épique» ou «héroïque» ne lui rendra pas la tâche plus facile; elle durera seulement plus longtemps.

Certains monstres de Dungeonslayers (et d’autres jeux de rôle aussi, j’en suis certain) peuvent parfois manquer de mordant. Vos personnages ont monté de niveau et les Orques qui infestent la région, par exemple, ne représentent plus la menace qu’ils étaient au cours des premières parties. Que faire? Aujourd’hui, on aborde deux solutions.

Dans un billet précédent, il était question de multiplier le nombre des adversaires pour avoir une chance supplémentaire de réussir une attaque spéciale ou de donner un petit challenge à vos PJs.

Mais il est aussi possible de donner un peu de punch en leur aiguisant les canines ou plutôt en leur durcissant la couenne.

Pour plus de punch? Plombez les gants!

La section des monstres donne une règle pour des monstres «héroïque» ou «épiques».  Pour l’essentiel, il s’agit de donner un bonus à l’attaque et à la défense puis de multiplier les points de vie. Les points d’expérience suivent ensuite la même formule.

La solution est simple, mais elle semble spécialement convenir aux monstres uniques qu’à une horde de Kobolds.

Par exemple , imaginons le Léprodon, un animal imaginaire né des expérimentations folles d’un druide devenu Serviteur des ténèbres. Pour donner corps (et surtout remplir la fiche) à la bête.

***

Léprodon (monstre unique)
COR 7
MOB 10
ESP 1
Fo 3
Ag 5
In 0
Co 1
Dx 3
Au 0

PV 135
DEF 11
INI 15
DEP 9
ATT 14
TIR -
Attaque
Morsure/griffes (BA+2, DA -1)
Défense
Fourrure (VA +1)
XP: 392

***

Les plus connaisseurs auront reconnu le Prédateur félin, généralement un bon challenge pour un PJ de premier ou de deuxième niveau. Ici, il ressemble à une (très) grosse bête qui peut avoir un groupe à l’usure.

Pour vous amuser, sortez et vos calculatrice et  imaginez-vous à quoi ressemble un seigneur démon épique ou un dragon rouge adulte épique…

PV et mise en scène

C’est d’ailleurs un peu la limite du procédé: les bonus à l’attaque et à la défense sont mineurs, les Habiletés spéciales ne bougent pas d’un iota et la longue rallonge de PV rallonge d’autant les combats sans leur donner de dimension épique ou héroïque.

Ce bonus de PV peut en revanche servir la mise en scène, j’entends par là que le MJ peut faire «mourir» l’adversaire des PJs aux deux tiers de ses PV après un combat fastidieux… Et, alors que les joueurs commencent de se partager le butin ou attendent leurs XP, il revient soudainement à la vie pour l’affrontement final.

Mais comme avec toutes les bonnes choses de la vie, il ne faut pas en abuser, sinon les joueurs finissent par attendre la surprise, ce qui dans les faits revient à pas de surprise du tout… Mais là, j’enfonce des portes ouvertes.

Cet arrêt temporaire des hostilités peut aussi être l’occasion donner un peu de répit à des PJs un peu trop fatigués par le combat.

Comment donner du mordant à ces monstres sans crocs?

IMG_1051Les monstres de Dungeonslayers peuvent parfois manquer de mordant quand ils sont pris individuellement, sur la base de leur fiche. Des scores bas les empêchent de réaliser des actions de combat qui semblent pourtant leur seul atout.

Pour compenser ces faibles scores ou ces probabilités réduites, il existe plusieurs astuces, la première donne souvent de bons résultats, c’est d’attaquer en bande.

L’Attaque groupée

Faire attaquer ensemble des créatures semble relever de l’évidence: les monstres attaquent toujours ensemble. Ce dont je parle ici, c’est de compenser un score faible dans une caractéristique par un grand nombre de jets. Des créatures avec un seuil de 7 ou 8 pour Lancer un sort ou utiliser une Habileté spéciale se mettent tout à coup à réussir leurs jets et à devenir assez dangereuses si elles sont en assez grand nombre. Prenons l’exemple d’une volée de Harpies.

Avec un FM de 10, les Harpies valent 10 niveaux de PJs (5 aventuriers du 2e par exemple). Mais avec un seuil ridicule de 7 pour le Chant Envoûtant (moins la difficulté pour le sort…), on peine à s’imaginer des Harpies contrôler leurs adversaires.

Les harpies sont dangereuses quand elles agissent de concert

Des harpies en nombre suffisant peuvent donner du fil à retordre à une groupe de PJs expérimentés, magré de faibles scores dans leurs habiletés spéciales.

Des harpies en nombre suffisant peuvent donner du fil à retordre à un groupe de PJs expérimentés, malgré un faible score dans leurs habiletés spéciales.

Pourtant, dans une de mes parties, une demi-douzaine de Harpies, peut-être sept, ont donné bien du fil à retordre à des PJs d’assez haut niveau. Les Harpies ont commencé par entamer leur Chant envoûtant, dominant le guerrier le plus puissant du groupe. Même avec un misérable seuil de 4 (7 — 3 de résistance à la magie, c’est dire), un des jets a réussi. Elles lui ont donc intimé d’attaquer le membre le plus proche de son groupe. La commotion… le gros guerrier venait d’étendre un camarade.

Le round suivant, le Chant envoûtant des Harpies se dissolvait (comme Dominer, leur Chant envoûtant dure In/2 rounds, soit 1 round pour des Harpies), elles se sont donc envolées au maximum de leur vitesse en tournoyant autour des PJs, avant de lancer leur Attaque en piqué, soit 6 ou 7 attaques à 20.

Au 3e round, elles déguerpissaient, laissant les PJs loin derrière, encore en train d’essayer de comprendre ce qui venait de leur arriver.

Quelques idées

Une demi-douzaine de Cerveaux tentaculaires pourrait dévorer l’Esprit d’un PJ en deux ou trois rounds… Débile!

Comme pour les Harpies, un escadron de Gargouilles avec des Attaques en piqué peuvent sérieusement blesser des PJs et repartir sans avoir été touchées…

Même une petite meute de Loups des enfers peut rôtir sur place toute une troupe de PJs. Comment? En croisant leurs souffles. Et les dommages sont indéfendables…

Une harde de Sangliers sur un chemin étroit et c’est une série d’attaques assez puissantes (le seuil est à 24). De quoi aplatir quelques aventuriers même aguerris.

Une nuée de Scabarouilles donne aussi d’assez surprenants résultats. En bouffant l’acier des armes et des armures, vous vous retrouvez rapidement avec des guerriers en pagne brandissant des gourdins.

Un bosquet de Vignétrangleuses ou un troupeau d’Araignées monstrueuses peuvent aussi clouer les PJs au sol un bon moment, avant qu’ils ne puissent s’en sortir.

Il y a aussi des expérimentations très dangereuses… Comme une nuée de Vils spectateurs, des rangs de Golems ou plusieurs Essaims de bestioles venimeuses dont la taille est au maximum…

Si vous avez d’autres idées, faites-en part!